Ce bistro parisien emploie uniquement des trisomiques et des autistes | 15 juillet 2020

Une idée qui pourrait bien faire changer les choses…

Yann Bucaille Lanrezac est un entrepreneur breton qui a été marqué par une rencontre bien spéciale. 

 «Cette idée, c’est la rencontre avec un jeune garçon autiste qui m’a demandé du travail, je lui ai dit non. Depuis ça m’a beaucoup travaillé», explique-t-il à France Info. «Je me suis creusé la tête pour trouver une solution pour proposer du travail à des personnes en situation de handicap mental ou de troubles cognitifs.»

«Le taux de chômage chez les personnes autistes est de 90 %», constate Yann Bucaille Lanrezac. «Et quand elles travaillent, les personnes handicapées sont cachées, souvent dans des structures, en marge de la société.»

 Après avoir ouvert un premier Café Joyeux à Rennes il y a quatre mois, Yann Bucaille Lanrezac a démarré le Café Joyeux de Paris où il emploie une vingtaine d’autistes et de trisomiques que ce soit en cuisine, en salle ou en service. 

«J’attends d’eux – et c’est ce qu’ils attendent aussi – de démontrer qu’ils sont des experts dans la restauration. Ils veulent montrer qu’ils sont capables de faire ça», ajoute l’entrepreneur. 

«Chez ceux-ci, ressort souvent cette forte envie de travailler, l’envie d’apprendre, d’être en relation avec les gens. Et il n’est pas forcément évident pour eux de trouver leur place dans la société», raconte Yann Bucaille Lanrezac à LCI. 

 «On a cherché à donner un espace de travail à des personnes souvent mises au rebut alors qu’elles ont tellement à nous apporter. La restauration est un métier de passionnés, il y a l’envie de faire plaisir. Alors la restauration avec du sens, c’est génial!»

«On n’a pas la prétention de réinventer la restauration», prévient l’entrepreneur. 

 «L’idée est que les clients s’arrêtent sans savoir. Et que dans ce monde où l’on n’est pas toujours amené à côtoyer la différence, on change le regard des uns sur les autres. La différence, au départ, suscite parfois du rejet, de la peur. Mais je crois que les personnes différentes ont un message à nous faire passer. Parfois, on allie handicap et difficulté. Là, on peut allier handicap et polyvalence, investissement, joie!»

Les employés de Rennes ont déjà demandé plus d’heures à leur patron et ceux de Paris sont déjà tout sourire. 

«Moi j’aime travailler, parce que tu peux gagner ta vie, tu rends les gens hyper heureux et joyeux. On voit qu’on est capable de faire quelque chose de nouveau, et on adore travailler en milieu ordinaire. Et ça, c’est hyper positif», dit Emmanuel, trisomique, à LCI. «Tu vois que tu es capable de réaliser quelque chose. On nous donne une responsabilité, ça donne confiance et surtout, ça rend hyper, hyper content, super joyeux! Moi, je dis bravo à tout le monde!»

 Le Café Joyeux est situé au 23 rue Saint-Augustin (passage Choiseul) et il est ouvert du mardi au samedi, de 10h à 17h. 
 

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